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"Massimo
Catalani et sa 'comestibilité' visuelle"
Beau dilemme créatif
que celui de devenir des contemporains en travaillant
sur des thèmes figuratifs de base et diffusés
de façon laïque; il s'agit d'un beau dilemme
et également d'une réalité primaire
qui règle le monde des figurations de chaque
époque, le vrai diaphragme pour séparer
une recherche sainement active des copies pures sans
évidentes nouveautés linguistiques.
Je dis des paroles évidentes
et pourtant c'est sur l'évidence apparente que
Massimo Catalani travaille, marchant sur un léger
diaphragme esthétique qui l'occupe dans les thèmes
principaux de la peinture (paysages, natures mortes,
nus et portraits) mais avec quelque chose pour remettre
en place la contemporanéité active de
l'opération. De là vient son choix exclusif
pour les terres, les sables, de façon à
personnaliser l'entière structure synthétique
de l'image ; des synthèses figuratives où
les encadrements, frontaux ou directs, simulent le banal
justement parce que le procédé même
est une claire transversalité de l'optique constructive
du peintre.
Le jeu en question semble
raffiné à première vue, avec possibilité
de décoder facilement et clairement les icones
choisies; du point de vue structurel, nous voyons comment
l'utilisation des tonalités fonctionne, comment
les couleurs étendent leur gamme entre des chromies
terreuses et des gammes de grande valeur acide qui tendent
vers des bleus électriques, des rouges ou des
jaunes d'une intensité rétinienne louable.
C'est un choix technique qui, précisément
fascine et capture l'oeil avec des mécanismes
immédiats, justement parce que le matériel
et les thèmes agissent dans les psychologies
du goût diffus. C'est pourtant le premier niveau
qui n'épuise pas du tout la valeur linguistique
dans la mesure où la force sémiotique
des tableaux manoeuvre d'autres mécanismes moins
visibles de l'intérieur. Catalani utilise la
peinture avec des fonctions tactiles pour les aveugles
qui peuvent ainsi sentir les oeuvres et les "voir" à
travers leur propre imagination; il joue avec des portraits
d'animaux qui acquièrent la dignité de
visage "parlant" ; il structure des paysages avec les
mêmes matériaux sableux et terreux pris
aux endroits choisis ; il donne aux fruits une "comestibilité"
visuelle que seuls certains mélanges simulent
de façon aussi évidente. Les thèmes,
je le répète, sont les plus "classiques"
de la peinture et c'est justement pour cela qu'ils obtiennent
des valeurs d'importance linguistique : la terre et
le sable, à la fin, se modifient en périmètre
et en surfaces, en forme et en couleur, mais également
en contenu et en saine ironie.
Avec le travail de Catalani
on se divertit, on peut toujours en retirer une signification
ultérieure, il s'adapte facilement aux lieux
d'accueil, et les gens, ne l'oublions pas, en comprennent
certaines valeurs puisque les images renaissent d'une
façon bien personnelle mais à partir de
formes que nous avons déjà en mémoire.
Gianluca
Marziani |